Comment accompagner les agriculteurs vers des pratiques plus durables tout en tenant compte des réalités de chaque exploitation ? C’est tout l’enjeu du projet Cultiv’Ajuste, soutenu par le programme Interreg France-Wallonie-Vlaanderen. En réunissant agriculteurs, agronomes, scientifiques et structures d’accompagnement françaises et wallonnes, le projet développe une nouvelle manière d’accompagner la transition agroécologique, fondée sur l’échange d’expériences, l’observation des sols et la coopération transfrontalière.
L’agriculture est au cœur des grands défis environnementaux. Elle joue un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité, de la qualité des sols et des ressources naturelles. Pourtant, certaines pratiques intensives ont fragilisé les continuités écologiques et les écosystèmes agricoles.
Les sols, qui abritent près de 60 % de la biodiversité terrestre, constituent un levier majeur pour construire une agriculture plus durable. De nombreux agriculteurs expérimentent déjà des pratiques agroécologiques permettant de favoriser la vie des sols, de limiter les intrants chimiques et de s’appuyer davantage sur les services rendus par la biodiversité.
Mais chaque exploitation possède ses propres caractéristiques. Il n’existe pas de solution unique : la réussite de la transition repose sur une approche adaptée à chaque territoire, chaque parcelle et chaque système de production.
Le projet Cultiv’Ajuste ambitionne de transformer les méthodes d’accompagnement des agriculteurs en plaçant leurs connaissances et leurs expériences au cœur du processus.
L’objectif est de construire une démarche où les décisions agronomiques reposent sur :
Cette approche favorise progressivement l’autonomie des agriculteurs dans leurs choix techniques et leur permet d’adapter leurs pratiques aux spécificités de leurs parcelles.
Au-delà des aspects techniques, le projet prend également en compte les dimensions humaines de la transition : échanges entre pairs, reconnaissance des pratiques innovantes et création d'une dynamique collective sont autant de leviers essentiels pour accompagner le changement.
La coopération entre la France et la Wallonie constitue l'un des fondements du projet.
En réunissant des structures de développement agricole complémentaires et des agriculteurs des deux côtés de la frontière, Cultiv’Ajuste permet de partager des expériences jusque-là dispersées et de construire des références communes.
Cette collaboration favorise la diffusion des bonnes pratiques et accélère l'émergence de solutions adaptées aux enjeux agricoles et environnementaux des territoires.
Le projet prévoit la création d'un collectif réunissant agriculteurs, agronomes et chercheurs afin de tester de nouvelles pratiques agricoles fondées sur le fonctionnement naturel des sols et des plantes.
Les expérimentations conduites permettront de :
À terme, ces travaux alimenteront un réseau transfrontalier pérenne dédié à l'agroécologie.
En Hauts-de-France, le Parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale joue un rôle central dans le projet.
Engagé depuis plusieurs années dans l'accompagnement des transitions agricoles, il expérimente de nouvelles méthodes autour de la biodiversité, des paysages, du changement climatique et des continuités écologiques.
Cette expérience s'inscrit dans la continuité du projet Transaé, mené entre 2017 et 2022 avec le partenaire wallon Greenotec. Les enseignements de cette première coopération ont directement nourri la conception de Cultiv’Ajuste.
Le Parc naturel régional Scarpe-Escaut participe également au projet, renforçant ainsi la dynamique régionale en faveur d'une agriculture plus durable.
Au-delà des exploitations agricoles, Cultiv’Ajuste contribue à préserver les ressources naturelles et la biodiversité des territoires.
En favorisant des pratiques agricoles plus respectueuses des sols et des écosystèmes, le projet participe à :
Il favorise également le dialogue entre agriculteurs, filières agricoles, organismes de développement et acteurs institutionnels afin de construire une vision partagée de la transition agroécologique.
Doté d'un budget de 2,54 millions d'euros, dont 687 908 € de FEDER pour les Hauts-de-France, Cultiv’Ajuste illustre pleinement la valeur ajoutée de la coopération européenne.
En mettant en réseau les compétences, les expériences et les innovations développées des deux côtés de la frontière, le projet contribue à bâtir une agriculture plus durable, plus autonome et plus résiliente, capable de concilier performance économique, préservation des ressources naturelles et protection de la biodiversité.
Grâce à cette coopération transfrontalière, Cultiv’Ajuste démontre que la transition agroécologique se construit avant tout sur le partage des connaissances, l'expérimentation collective et l'intelligence du terrain.
Pour en savoir + : consulter le site internet du projet