Le changement climatique et l’intensification des échanges favorisent la prolifération d’espèces exotiques envahissantes, représentant une menace majeure pour les écosystèmes européens. Parmi elles, le crabe chinois à mitaines (Eriocheir sinensis) est aujourd’hui identifié par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme l’une des 100 espèces exotiques les plus envahissantes au monde.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet CLANCY, une initiative européenne visant à renforcer la protection de la biodiversité et la résilience des écosystèmes aquatiques de la région de la mer du Nord.
Originaire d’Asie, le crabe chinois à mitaines colonise progressivement les cours d’eau et zones côtières d’Europe du Nord. Sa présence perturbe fortement les milieux naturels : il fragilise les berges par ses terriers, concurrence les espèces locales, altère les chaînes alimentaires et impacte directement les usages humains tels que la pêche, la gestion de l’eau ou la navigation.
Face à cette invasion, les territoires sont confrontés à un besoin urgent de mieux comprendre les dynamiques de migration du crabe, de surveiller sa présence et de déployer des solutions de gestion efficaces et coordonnées à l’échelle européenne.
Le projet CLANCY réunit huit institutions issues de quatre pays (France, Belgique, Allemagne et Suède), afin de construire une stratégie commune et durable de réduction de cette espèce invasive.
En raison de son cycle de vie, migration des juvéniles vers les rivières puis retour vers la mer du Nord pour la reproduction, le crabe peut être capturé à différents stades de développement, permettant une action ciblée et efficace.
CLANCY s’appuie sur le déploiement et l’évaluation de dispositifs de capture innovants, adaptés aux différents milieux aquatiques. Les principaux résultats attendus du projet sont :
la mise en place de pièges spécifiques pour la capture du crabe chinois à mitaines ;
des tests comparatifs de différents types de pièges et de sites d’implantation ;
la collecte de données sur la présence, la densité et les migrations du crabe ;
le partage de méthodes et de retours d’expérience entre pays partenaires ;
l’élaboration de recommandations communes pour la gestion des espèces invasives.
Un concept de piège innovant, développé conjointement par l’Université d’Anvers et la Flanders Environment Agency, a déjà démontré son efficacité sur la rivière Kleine Nete (Belgique). Dans le cadre de CLANCY, de nouveaux pièges seront installés en Belgique et en Allemagne, tandis que des pièges conventionnels seront utilisés en Suède et en France afin d’identifier les zones clés de migration.
En Hauts-de-France, le projet CLANCY permet de confirmer la présence du crabe chinois à mitaines et d’adapter progressivement les méthodes de gestion au contexte local.
Des pièges Condo ont été installés sur plusieurs sites stratégiques, notamment :
l’Authie,
la Maye,
le canal de Retz,
le canal à poissons,
l’Amboise,
ainsi qu’au Cap Hornu, à l’embouchure de la Somme.
Ces actions contribuent à une meilleure connaissance de l’espèce et à la mise en place de solutions opérationnelles à l’échelle régionale.
Le projet CLANCY est soutenu par l’Union européenne et s’inscrit pleinement dans les objectifs de protection de la biodiversité et de résilience des écosystèmes face au changement climatique.
Budget total du projet : 4 679 614 €
Total alloué aux Hauts-de-France : 260 170 €
FEDER alloué aux Hauts-de-France : 156 102 €
CLANCY repose sur un consortium européen associant expertise scientifique, connaissance des milieux naturels et action de terrain :
Groupe d’Étude des Milieux Estuariens et Littoraux (GEMEL) - France
Cellule de Suivi du Littoral Normand - France
Flanders Environment Agency - Belgique
Université d’Anvers - Belgique
Province de Flandre orientale - Belgique
Dresden University of Technology - Allemagne
Alfred Wegener Institute - Allemagne
University of Skövde - Suède
En combinant innovation technique, suivi scientifique et coopération transnationale, le projet CLANCY ambitionne de poser les bases d’une gestion durable et reproductible des espèces invasives en Europe du Nord, au bénéfice des écosystèmes, des territoires et des populations qui en dépendent.